Deux semaines se sont écoulés sans qu'une occasion se soit présentée à M. pour aller rendre visite à son oncle J. . Le cerveau du petit était en pleine ébullition, il mourait d'impatience de retrouver son oncle, le seul homme de sa vie. M. le vénéré non pas parce qu'il incarnait l'amour paternel qu'il n'a jamais eu, mais par le simple fait que Oncle J. avait le don de faire faire à n'importe qui n'importe quoi. Il était de la branche des hommes persuasifs et attrayants. C'était comme si il arrivait à maintenir sous hypnose les gens et qu'il leur dictait leur conduite. Ainsi était-il parvenu à convaincre sa sœur; la mère de M. à quitter le pays pour aller vivre incognito en Afrique. Mais çà c'est une autre histoire...
Les ambitions sans convictions vous ont miroités tout le potentiel d'un enfant exceptionnel. Trop en avance par rapport aux jeunes de son âge grâce aux efforts sans relâche d'une mère poule autoritaire et sans complaisances. Elle voulait que son fils réussisse là où son défunt mari avait échoué. Alors, épaulé par son frère: Oncle J. pour M., elle s'est battu et continue à se battre pour réussir son challenge. C'est devenu une obsession pour elle et malheureusement çà l'est maintenant pour son fils qui, peut-être avec moins de zèle, aurait pu y parvenir. Car ce petit génie savait, depuis tout petit, que: "maudit est celui qui ne fait pas plus que son père". C'est pour çà qu'aujourd'hui je vous raconte son histoire pour que vous sachiez que l'univers est régi par des lois et par là, toute loi obéit à un équilibre. Mais qu'est subtile cet équilibre; il en faut peu pour qu'il penche du mauvais côté.
Vous parler de cet enfant serait défaire ce nœud qui me sert la gorge. Voyez-le en surveillance rapprochée par une mère qui se démène pour qu'il ne chavire pas. Elle lui a interdit d'aller chez oncle J. parce qu'elle pressentait une chose horrible. Et en tant que protectrice, elle se disait que son frère ne jouait pas le rôle qui lui était assigné. Donc, il fallait couper les ponts. Et, sans hésiter, elle l'a fait. Mais le danger qui guettait l'enfant ne venait guère d'Oncle J. ni des fréquentations, ni même des instituteurs de M. Ce dernier, ce pauvre enfant prodige représentait son propre danger. Personne n'aurait pu imaginer que le mal ne viendrait point de l'extérieur. Et même si ç'avait été le cas, nul ne peut contrer le destin. Voilà donc pourquoi, après chaque cours, M. se rendait à la bibliothèque de l'école pendant quatre heures. Ensuite, sa mère venait le chercher. Chez eux, il n'y avait pas de télé. Ils dînaient ensemble à 21h30, puis ils restaient ensemble à faire des exercices pendant deux heures et tels des automates, ils allaient au lit.
Ainsi donc, était leur quotidien: Une suite invariable vouée au travail et à la documentation. Tous deux dormaient quatre heures par jour. Et chaque année, depuis que M. eu atteint l'âge d'aller à l'école, il fallait qu'il apprenne un métier. Sa mère aidée par son frère lui ont appris à coudre, à faire le jardinage, à cuisiner, à peindre, sans oublier l'électronique, la mécanique... M. a été formé pour survivre. Ce qu'il accomplissait chez lui était plus dur que suivre les cours à l'école. D'ailleurs, il percevait l'école comme une distraction voire un soulagement. Il n'avait pour seul héritage l'effort sans relâche. Tant bien même qu'il a fini par être ambitieux. Et, vous conviendriez avec moi que "l'ambitieux rêve d'être au faîte du pouvoir tout en s'aplatissant dans la boue du servilisme". Vous voilà désormais témoins de mon chagrin immense qui s'étend de plus en plus que l'encre coule pour rejoindre le destin de ce pauvre enfant. Ce n'est guère par sadisme, mais son sort est scellé par une Domination Primordiale "j'entends par là ce qui échappe à la volonté humaine et voulant que chaque vie ne soit que variation et répétition mimétique d'un fait pré-établi. Nul n'échappe au Destin.
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