lundi 7 janvier 2019

2.LA RATION DES GÉNÉRATIONS: VARIATION DE DOMINATION

Deux semaines se sont écoulés sans qu'une occasion se soit présentée à M. pour aller rendre visite à son oncle J. . Le cerveau du petit était en pleine ébullition, il mourait d'impatience de retrouver son oncle, le seul homme de sa vie. M. le vénéré non pas parce qu'il incarnait l'amour paternel qu'il n'a jamais eu, mais par le simple fait que Oncle J. avait le don de faire faire à n'importe qui n'importe quoi. Il était de la branche des hommes persuasifs et attrayants. C'était comme si il arrivait à maintenir sous hypnose les gens et qu'il leur dictait leur conduite. Ainsi était-il parvenu à convaincre sa sœur; la mère de M. à quitter le pays pour aller vivre incognito en Afrique. Mais çà c'est une autre histoire...
Les ambitions sans convictions vous ont miroités tout le potentiel d'un enfant exceptionnel. Trop en avance par rapport aux jeunes de son âge grâce aux efforts sans relâche d'une mère poule autoritaire et sans complaisances. Elle voulait que son fils réussisse là où son défunt mari avait échoué. Alors, épaulé par son frère: Oncle J. pour M., elle s'est battu et continue à se battre pour réussir son challenge. C'est devenu une obsession pour elle et malheureusement çà l'est maintenant pour son fils qui, peut-être avec moins de zèle, aurait pu y parvenir. Car ce petit génie savait, depuis tout petit, que: "maudit est celui qui ne fait pas plus que son père". C'est pour çà qu'aujourd'hui je vous raconte son histoire pour que vous sachiez que l'univers est régi par des lois et par là, toute loi obéit à un équilibre. Mais qu'est subtile cet équilibre; il en faut peu pour qu'il penche du mauvais côté.
Vous parler de cet enfant serait défaire ce nœud qui me sert la gorge. Voyez-le en surveillance rapprochée par une mère qui se démène pour qu'il ne chavire pas. Elle lui a interdit d'aller chez oncle J. parce qu'elle pressentait une chose horrible. Et en tant que protectrice, elle se disait que son frère ne jouait pas le rôle qui lui était assigné. Donc, il fallait couper les ponts. Et, sans hésiter, elle l'a fait. Mais le danger qui guettait l'enfant ne venait guère d'Oncle J. ni des fréquentations, ni même des instituteurs de M. Ce dernier, ce pauvre enfant prodige représentait son propre danger. Personne n'aurait pu imaginer que le mal ne viendrait point de l'extérieur. Et même si ç'avait été le cas, nul ne peut contrer le destin. Voilà donc pourquoi, après chaque cours, M. se rendait à la bibliothèque de l'école pendant quatre heures. Ensuite, sa mère venait le chercher. Chez eux, il n'y avait pas de télé. Ils dînaient ensemble à 21h30, puis ils restaient ensemble à faire des exercices pendant deux heures et tels des automates, ils allaient au lit. 
Ainsi donc, était leur quotidien: Une suite invariable vouée au travail et à la documentation. Tous deux dormaient quatre heures par jour. Et chaque année, depuis que M. eu atteint l'âge d'aller à l'école, il fallait qu'il apprenne un métier. Sa mère aidée par son frère lui ont appris à coudre, à faire le jardinage, à cuisiner, à peindre, sans oublier l'électronique, la mécanique... M. a été formé pour survivre. Ce qu'il accomplissait chez lui était plus dur que suivre les cours à l'école. D'ailleurs, il percevait l'école comme une distraction voire un soulagement. Il n'avait pour seul héritage l'effort sans relâche. Tant bien même qu'il a fini par être ambitieux. Et, vous conviendriez avec moi que "l'ambitieux rêve d'être au faîte du pouvoir tout en s'aplatissant dans la boue du servilisme". Vous voilà désormais témoins de mon chagrin immense qui s'étend de plus en plus que l'encre coule pour rejoindre le destin de ce pauvre enfant. Ce n'est guère par sadisme, mais son sort est scellé par une Domination Primordiale "j'entends par là ce qui échappe à la volonté humaine et voulant que chaque vie ne soit que variation et répétition mimétique d'un fait pré-établi. Nul n'échappe au Destin.

1. LES AMBITIONS SANS CONVICTIONS

       J'aurais voulu devenir celui que j'aurai dû être. Me faire une grande réputation que l'Histoire ne pourrait défaire, sans que personne ne puisse refaire ou imiter et cela même en me prenant en exemple ou en suivant mes repères. C'est pour cela que j'avais voulu écrire un livre dans lequel je livre à l'humanité mes exploits et mes joies. Il n'est point facile d'être un grand du siècle car l'époque dans laquelle nous évoluons est espiègle. Depuis Socrate et Aristote, tant d'hommes sont passés léguant savoirs et pouvoirs aux générations suivantes. D'autres ont fourni leurs vertus à l'instar de Gandhi, Martin Luther, Kennedy et autres. Mais le problème est qu'ils sont oubliés et moi je ne veux guère l'être. Souhait titanesque pour ce siècle caractérisé par l"Oubli de l'être" selon les mots de Heidegger. Moi je voudrais que mes actes -et non mes paroles- soient publiés des siècles durant, jusqu'à la fin des Temps. Voilà la raison pour laquelle à présent je me résigne à me forger psychologiquement: pour que mon renom ne ronge point mon esprit
       Il faudrait que ce que j'ai appris ne soit pas pris pour un acquis sans prix. Je dois mettre en oeuvre une connaissance à même de donner la foi et leur permettant d'y croire et pour ce un lot de savoirs pour que cela puisse avoir. Actuellement, je suis au collège, mais n'empêche je connais quelques notions en philosophie et à la psychanalyse freudienne. Alors, si je passe plus de temps à la bibliothèque et que je me mette à fréquenter des individus issus d'autres horizons afin qu'ils me content l'histoire de leur peuple et le savoir-faire, c'est sûr qu'en moins de dix ans mon premier teste serait manifeste parmi les gens qui portent des boubous ou des vestes.
      Il est nécessaire et vital que j'aie de l'impact sur les riches et les démunis. Alors, où devrais-je me focaliser le plus? Sur ce qu'ils ont en commun bien évidemment!!! Mon entourage ne pense qu'à s'enrichir; satisfaire leurs proches parents et les filles que désirent les hommes se doivent d'être comblées. Quelque part, les hommes n'ont pas complètement tort; le nerf de la guerre c'est le pognon et les diamants bien ronds. Ainsi me traitent-ils de rêveur quand je leur dis que j'ambitionne de mettre en accord les cœurs et les corps des faibles ainsi que des forts par d'incessants efforts que le confort de l'or n'incorpore. Tout cela parce que celui qui se tord a besoin de réconfort. La preuve de cette épreuve est que "Faire des dépenses en ce qu'on a la lieutenance est ce qui procure une immense récompense". C'est là l'essence de la satisfaction par décence.
      Parfois, je pense à baisser les bras, le monde boite malgré la puissance de feu des SWAT. Soit ce sont des attentats, soit des catastrophes naturels dans le tas et quelque soit l'état des États c'est le même constat. Ce n'est pas que je suis ingrat, mais parfois l'idéal est que le monde, dans toute son immensité, ne soit que l'histoire restreinte de ma famille et de celle de certaines personnes. De là, vous comprendrez pourquoi je préfère écouter RFI tous les mois pour éviter de déprimer toutes les semaines. Le train de vie que mènent certains hommes me désole. Seule mon objectif m'y console. Si certains ne subissent pas l'exploitation, c'est parce que la discrimination gangrène les Nations. Que faudrait-il faire? Je suis encore trop jeune pour savoir quelles propositions données mais j'irai en cachette rendre visite à mon oncle qui voulait sauver le monde mais qui a échoué. Peut-être lui saurait que faire et peut-être que ses suggestions seraient d'actualité quand j'aurais l'âge de les soumettre à ceux qui me verraient comme sous-maître.